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Découvrez le livre du Président de L'APMP qui s'intitule "Les vraies raisons du déficit de la Sécurité sociale".

Il porte à votre connaissance tout ce que vous cachent "impunément":

- la classe politique dans son entièreté

- l'administration et autres organismes publics et...

- les syndicats.

L'auteur a tenu à informer ses lecteurs des agissements qui détruisent notre système de santé.

Pour l'acquérir, vous pouvez en passer commande à l'APMP. Aucune obligation d'adhérer.

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Différend amical sur twitter

Je souhaite aujourd'hui faire la lumière sur une divergence de vue entre d'une part l'INRS et une relation que j'appellerai Geoffrey (toutes deux, des relations "twiterriennes", si je puis me permettre ce barbarisme) et d'autre part l'APMP, plus précisément son Président Jean-Luc LENGLEN.

Voici le fond du "problème".

Geoffrey a relayé une information qui prétend qu'effectivement il y a une forte augmentation des maladies professionnelles et notamment des TMS (troubles musculo-squelettiques). 85% des maladies professionnelles seraient des TMS, 10% seraient liées à l'amiante, le reste 5% seraient composées par les cancers et autres allergies.

Naturellement et je n'étonnerai personne, je me suis senti obligé de préciser que les seules TMS n'étaient pas en cause, mais aussi les cancers professionnels.

Mais mes amis maintiennent leur point de vue.

Dès lors, je me dois de leur apporter quelques informations qu'ils ne semblent pas avoir.

1. Depuis longtemps maintenant le site de l'INRS lui-même, déclare qu'il y a une sous-déclaration des maladies professionnelles en France et que par leur rigidité (terme employé sur le site) les Caisses primaires d'assurance maladie n'en reconnaissent pas suffisamment;

2. Pour corroborer ce qui précède, sur ce même site, il est admis que moins de 10% des déclarations aboutissent à la reconnaissance d'une maladie professionnelle;

3. Pour notre part, nous admettrons qu'effectivement 85% des maladies professionnelles reconnues par les Caisses sont des TMS;

4. Pour notre part encore, nous admettrons que les cancers, parmi ceux-ci, ceux liés à l'amiante, représentent moins de 5% des maladies professionnelles reconnues par les Caisses.

Alors me direz-vous, nos points de vue ne diffèrent pas tant que çà. C'est vrai à une toute petite différence près.

D'un côté, nous avons l'INRS et Geoffrey (et disons le clairement d'autres organismes et associations) qui entérinent ces chiffres "officiels" pour autant absolument pas représentatifs de la réalité. Chacun sait que l'on fait dire ce que l'on veut aux chiffres.

Je rappellerai, pour ce qui nous concerne, qu'après les avoir instruits sur les plans aussi bien chimique que toxicologique mais aussi au niveau du Code du travail, nous défendons tous les jours devant les tribunaux des dossiers de salariés, victimes des mauvaises conditions de travail à la française.

Si effectivement certaines de ces victimes sont atteintes d'hypersensibilité pulmonaire, de problèmes cutanés, d'asthme professionnel et aussi de TMS, ils ne représentent pas pour autant 20 % des dossiers. L'immense majorité de ceux-ci concernent des salariés atteints de cancers professionnels ou de veuves de salariés décédés de cancers professionnels, que les Caisses ont refusé de reconnaître comme tels après que les victimes (ou les veuves de victimes) aient procédé à une déclaration de maladie professionnelle.

Ces demandes aboutissent "in fine", après que notre association ait pris le relais. Etrangement de nombreux cancers ne sont pas des cancers professionnels mais le deviennent après notre intervention !

Si nous étions en charge de tous les dossiers de victimes en France, peut-être les statistiques seraient-elles différentes. En d'autres termes, ce n'est pas parce qu'un cancer n'est pas reconnu professionnel par les Caisses qu'il ne l'est pas dans les faits.

Qui plus est, nous venons d'évoquer les maladies professionnelles ayant fait l'objet d'une déclaration. Or, une fois n'est pas coutume, nous partagerons le point de vue de la "Sécu" en général et de l'INRS dans le cas présent, quand ils déclarent qu'il y a une sous-déclaration des maladies professionnelles. Comment nier de telles déclarations quand on a à l'esprit les innombrables cas de salariés qui ne veulent pas faire de déclaration de maladie professionnelle, de peur d'entrer en conflit avec leur employeur, d'autres de peur que l'entreprise délocalise, d'autres de peur que l'entreprise dépose le bilan, d'autres parce que leur direction leur a tenu des propos menaçants, d'autres parce qu'ils ont reçu une compensation de la part de leur direction soit financière, soit par l'acquisition d'un poste de travail beaucoup plus gratifiant, mais pas plus rémunérateur bien sûr.

Tous ces cas existent et nous y sommes confrontés tous les jours.

Et puis n'oublions pas la partie immergée de l'icerberg qui, comme chacun sait, est la plus importante c'est-à-dire cette majorité de salariés atteints par un cancer sans avoir conscience, mais alors pas le moins du monde, que leur pathologie peut être liée à leurs conditions de travail.

Et comment pourraient-ils en avoir conscience dès lors que, en parfaite contradiction avec tous les textes réglementaires, ces salariés ne sont pas informés de ce qu'ils sont exposés à des agents chimiques dangereux sur leurs lieux de travail.

Et quand bien même le seraient-ils, on ne peut tout de même pas exiger de ces salariés qu'ils soient compétents dans les domaines de la chimie et de la toxicologie, outre le fait qu'ils sont déjà compétents dans leurs domaines respectifs.

En conclusion notre différentiel vient de ce que certains se basent sur des chiffres officiels et pour autant absolument non représentatifs de la réalité alors que d'autres se refusent à valider de tels chiffres quand bien même fussent-ils officiels, compte tenu de ce qu'ils constatent.

Une dernière précision, rappelons ici que l'INSERM autre organisme tout à fait honorable déclare lui, à l'appui d'une étude épidémiologique réalisée dans différents hôpitaux que plus d'un cancer sur deux est dû à la seule exposition aux produits chimiques en entreprises.

Naturellement, il ne faut pas voir la moindre connotation péjorative dans notre affirmation, néanmoins nous soutenons que défendre les chiffres annoncés par ces organismes, c'est avaliser les agissements en cours.